Toutes les actualitésActualités16 février 2009 - Observatoire
Un projet intégré pour les territoires de Genève
Comme en 1846, chacun perçoit que la composante territoriale du développement est essentielle. Genève s'est construite dans la résistance à ceux qui voulaient la dominer. Aujourd'hui, le mythe doit s'inverser: il doit ouvrir la voie à la prise de conscience que Genève se décline à plusieurs échelles : la ville, le canton, l'aire urbaine transcantonale et transnationale, la métropole lémanique, la mégapole suisse, la gigapole européenne. À chaque niveau d'échelle, il faudrait un vrai gouvernement urbain, responsable devant le peuple. Nous en sommes loin, tant les structures du passé se défendent bec et ongles contre les logiques du présent. La première étape, c'est d'en finir avec la dichotomie ville/canton, qui a pour effet de créer de multiples sécessions quotidiennes, d'empêcher la mise au point d'une stratégie territoriale intégrée et, en pratique, de repousser loin vers l'extérieur les nuisances et les problèmes au lieu de les traiter là où ils se manifestent. Le choix de l'urbanité La ville est le développement durable. Plus de densité et plus de diversité: cette équation simple répond aux exigences des trois grands piliers du développement durable : croissance et développement, cohésion sociale et politique, protection de l'environnement naturel. Aucun de ceux qui concentrent leurs efforts sur l'un de ces piliers ne devrait avoir peur de l'urbanité. Ici, encore, il ne faut pas se tromper d'espace : la commune de Genève dispose de marges de densification limitées et elle est l'une des villes-centres les plus mixtes d'Europe. C'est, comme partout sur le continent, dans les espaces suburbains et périurbains, fort étendus à Genève, qu'il faut débloquer la situation et assumer les responsabilités communes en assurant le droit à la ville pour tous. Une seule politique de la mobilité Un point crucial sera les choix fondamentaux à faire en matière de mobilité. Une Constitution n'a pas à entrer dans les détails des politiques publiques mais elle doit poser des options claires : on ne peut aujourd'hui avoir deux politiques de mobilité contradictoires. L'augmentation d'offre de voirie pour les voitures particulières n'est pas compatible avec une priorité affirmée pour les transports publics. Or, Genève a beaucoup hésité dans le passé, comme en témoigne l'histoire erratique de ses trams. Le moment est venu d'être clair. Une agriculture paysagère A supposer que le plan Wahlen ait un jour eu un sens, il est évident qu'aujourd'hui il n'en a plus: l'idée d'autosuffisance alimentaire sert de prétexte aux protectionnismes égoïstes des lobbies du secteur. L'hyperlocalisme en matière d'approvisionnement agricole est le type même de fausse bonne idée: il privilégie le transport routier, privatise les espaces non bâtis, prive l'aire urbaine de sols urbanisables dans des zones péricentrales, repousse l'urbanisation à longue distance. En revanche, l'agriculture genevoise doit être confortée dans ses fonctions patrimoniales, notamment avec ses paysages viticoles qui peuvent être considérés comme des espace publics exceptionnels. C'est comme composante urbaine assumée que l'agriculture peut retrouver un rôle contemporain à Genève. De la politique, autrement Lorsque l'on franchit la Versoix, on entend des quolibets : Genève, enfant gâtée ; Genève, la plus mauvaise élève de la Suisse et de la France réunies ; Genève, la ville où l'esprit public a sombré sous les corporatismes. Chers Constituants, ces médisances, faites-les mentir. Impressionnez-nous par votre sens de l'intérêt général. Regardez loin et faites-nous rêver. Ouvrez la ville au Monde en lui redonnant un projet qui la rende fière d'elle-même. Faites tomber ses murs. |
