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13 juillet 2009 - Agenda
Intervention de Vincent Subilia, président du Comité « AGIR », à l'occasion de la Conférence de presse du 15 juillet 2009

Vincent Subilia, président du Comité "AGIR", s'est exprimé devant la presse le 15 juillet 2009. A l'occasion de cette conférence de presse, il a pu non seulement présenter le mouvement citoyen qu'il préside, mais surtout évoquer les raisons qui, à son sens, justifient pleinement le soutien de la population genevoise au projet de rénovation et d'extension du bâtiment de l'OMC.
A noter que Tatjana Darany, Directrice générale de la Fondation pour Genève, était également présente puisque la Fondation soutient ce Comité.

Mesdames, Messieurs,

Merci d'avoir répondu présent(e)s à l'invitation que nous vous avons adressée à la conférence de presse de ce jour.
 
Comme vous l'indiquait Tatjana Darany, c'est avec un très vif plaisir que nous vous accueillons, en nombre, dans les locaux gracieusement mis à notre disposition par le Club suisse de la presse, pour vous entretenir brièvement du projet qui nous réunit aujourd'hui.

Laissez-moi vous le confesser d’entrée de jeu : jamais je n'aurais imaginé que l'initiative que je caressais il y a 3 mois, prendrait aujourd'hui naissance sous la forme d'une réunion officielle, en présence de journalistes, et sous les auspices de la Fondation pour Genève.

C'est à cette même Fondation, et en particulier à sa Directrice, Tatjana Darany, ainsi qu'à Ivan Pictet, que je dois le privilège de m'adresser à vous; c'est également à l'équipe que j'ai pu fédérer autour de notre mouvement que je dois les efforts nourris, qui ont permis à notre projet de voir le jour. 

Celui-ci est né d'une profonde conviction personnelle, entretenue par mon goût prononcé des voyages, et renforcée par mes études sur les bancs de l'Institut de Hautes Etudes Internationales et du Développement. La conviction de l'apport essentiel que représente la présence dans nos murs de multiples organisations internationales; une contribution prosaïquement matérielle certes (les chiffres officiels évoquent des recettes de l'ordre de CHF 4.4 milliards par an), mais surtout cette précieuse richesse culturel qui a fondé l'essor même de notre ville et dessiné notre identité collective. Genève, capitale de la diplomatie, lieu unique d’un dialogue privilégié. La plus petite des grandes villes, comme le soulignerait notre Office du Tourisme !

Parmi les organisations qui contribuent à ce rayonnement figure l'OMC, et en bonne place. Enceinte de négociations multilatérales et forum de règlement des différends, celle-ci a élu domicile sur nos rives et y emploie environ 750 collaborateurs (bientôt 400 de plus, si l'extension se réalise). Une organisation de premier ordre, qui souffre malheureusement d'un déficit de capital sympathie; décriée parce que méconnue, affirmeront certains et j’en fais partie.  

Mais là n'est point l'objet de notre combat, car chacun conviendra que si l’OMC devait plier bagages et mettre le cap sur des cieux plus cléments, les règles applicables à la bonne gouvernance économique ne disparaîtraient pas pour autant, tout au plus ne bénéficieraient-elles plus de la légitimité que leur offre la neutralité helvétique.  

Le débat de ce jour est autre, et vous l'avez bien compris, comme d’ailleurs l'entier des grandes familles politiques, les acteurs économiques, ainsi que les autorités publiques (en témoigne la conférence de presse donnée ici-même par la Conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey, le Conseiller d'état Laurent Moutinot et la Conseillère administrative Sandrine Salerno, le 23 mars dernier, unis comme rarement l’ont été les trois niveaux institutionnels du système politique suisse) ; le sujet qui nous réunit porte uniquement sur un modeste projet de construction.

Un projet dont nous constatons qu’il est soutenu par une très large frange de la société civile, pour autant que celui-ci lui soit exposé avec objectivité, soit sans lui décrire un "bunker" destiné à "privatiser" les rives du lac au moyen de "barrières électriques" (comme le décrivent les opposants).

Car, soyons sérieux un instant: il s'agira de se prononcer le 27 septembre prochain sur la construction d'un bâtiment (par ailleurs très abouti architecturalement, mais cela reste subjectif), érigé sur le parking en plein air de l'organisation. Un ouvrage qui, au même titre que le siège de l'OMC, le Centre William-Rappard, sera entouré d'une barrière de sécurité, végétalisée et adossée à celui-ci ; une enceinte qui n'implique aucune privation significative d'accès aux parcs publics, ainsi qu'aux rives du lac, mais simplement destinée à permettre à l’OMC, qui accuse un lourd retard en la matière, de se conformer avec les normes de sécurité prévalant au sein de la famille des Nations Unies.

Nulle trace de ce "fossé" et des "rotondes de garde" qui « barricaderaient » le site, que brandissent les détracteurs; aucun "massacre", tel qu'ils l'annoncent dans le courrier explicatif qu'ils ont fait circuler à l'appui de leur récolte de paraphes; il n'est aucunement question d'"exproprier", je cite, les citoyens(nes) comme ils le dénoncent.  

Les amateurs de jogging, dont je fais partie, peuvent se réjouir : ils pourront parfaitement poursuivre leurs activités sportives; en son point le plus avancé, la barrière de sécurité se tiendra à 33 mètres du lac au lieu de 41 aujourd'hui, soit 8 petits mètres de différence. Que les adeptes du pique-nique dominical soient rassurés ; ils auront tout loisir de continuer à se livrer à leurs grillades, sous les fenêtres du bâtiment (pique-niqueurs par ailleurs peu nombreux à cet emplacement – plus éloigné que celui de la Perle du lac – et donc moins fréquenté, si j'en crois les photos prises par grand soleil en plein après-midi du Lundi de Pâques, affichées sur notre site Internet; vous y observerez que ce parc est vide).  

N'ayons pas peur des mots, comme le disait le Ministre Mark Muller : les arguments avancés par les opposants sont fallacieux; les signatures recueillies l'ont été en déformant de façon mensongère la réalité d'un projet. Un projet anodin sous l'angle de l'aménagement du territoire, mais décisif du point de vue du rayonnement de notre ville.

Nul n'est dupe, ces allégations de mauvaise foi participent d'un parti pris idéologique visant une organisation qu'ils considèrent (à tort, mais là n'est pas l’objet de notre discussion) comme un complot capitaliste ourdi de longue date; quant bien même ils s’en défendent, l’on ne peut s’empêcher de considérer que leur opposition ne porte nullement sur la modeste emprise au sol d'un bâtiment (aux lignes épurées) érigé sur un parking, soit un lieu dévolu à un usage strictement fonctionnel. Comment pourrait-on raisonnablement s’opposer à un discret ajout architectural, pleinement respectueux de l’écrin de verdure dans lequel il s’insère, mieux encore, qui contribuera à valoriser un site qui nous est cher à tous ? En effet, s’il s’était effectivement agi de bétonner nos rives, nous ne serions pas là nous en faire les avocats ; nous tenons nous aussi à ce cadre unique, gage d’une qualité de vie inégalée ; les fonctionnaires de l’OMC y sont également très attachés, croyez-moi ! Une telle opposition, certes pré-électorale, n’en demeure pas moins irresponsable, à mes yeux, et ce particulièrement en période de crise économique sans précédent.  

Comment justifier de prendre le risque de voir l’Organisation lever l’ancre, faute de pouvoir se développer au bout du lac. Une organisation qui s’apprête à créer plusieurs centaines d’emplois supplémentaires, une Organisation génératrice de recettes considérable pour le tissu économique local (songez par exemple aux 4'500 conférences annuelles organisée par l’Organisation). Ne risquons pas l’irréparable, pour des motifs purement démagogiques !
 
Le privilège que j’évoquais tout à l’heure, soit celui d’évoluer dans un environnement multiculturel, se cultive et se mérite ; il s’agit d’en être dignes. Assurer aux organisations que nous hébergeons les conditions nécessaires pour satisfaire leurs besoins de croissance légitimes, c’est assurer notre propre avenir. Ne nous tirons pas dans le pied et comportons-nous en adultes responsables ; j’en souris lorsque je le dis dès lors que nous aspirons à représenter la jeune génération, mais qui dit jeune ne dit pas inconscient ; au contraire !  

C'est de ce constat qu'est né notre mouvement, spontanément, entre quelques amis convaincus de la nécessité de s'engager pour que Genève, en tombant à nouveau dans ses travers coutumiers de blocages répétés, ne se transforme en confetti sur la carte du monde.  

Une initiative citoyenne destinée indirectement à réconcilier ces deux mondes qui, trop souvent, s'ignorent, cette Genève locale (que les internationaux perçoivent comme distante) et cette Genève internationale (que les locaux ramènent trop systématiquement à une grosse cylindrée, parquée en zone piétonne, flanquée d'un PV qui ne sera jamais réglé).  

Il étatit donc temps d'AGIR pour continuer à s'assurer que Genève demeure cette ville vers tournée vers le monde et vers l'avenir, qui nous est chère.

Pour ce faire, sans expérience politique aucune, mais doté d'une détermination sans faille, nous avons donc mis sur pied le Comité qui m'entoure; un Comité, de nature apolitique constitué de jeunes citoyens engagés (issus d’horizons divers et multiples), auquel je réitère mes remerciements (en particulier à son secrétaire Alexandre dont le dynamisme m’a été précieux).   

Grâce au soutien de la Fondation (que j'avais naturellement approchée et qui nous a tendu les bras), nous avons pu, au gré de nombreuses nuits de travail que nous y avons consacré, bénévolement et parallèlement à nos activités professionnelles respectives, oeuvrer à la réalisation de notre but, à savoir sensibiliser la société civile aux enjeux d'un projet essentiel pour le développement de notre ville, de façon à la mobiliser en vue du scrutin du 27 septembre.  

A cet effet, nous avons adressé, conjointement avec la Fondation, un courrier à plus de 5000 représentants du monde politique, économique et culturel; nous avons également donné naissance à un site Internet (sous le nom de domaine – fédérateur – et l'ai-je appris après l'avoir sauvegardé – évocateur : www.genevegagne.ch). Je vous invite à le visiter, car ce vecteur de communication contient un argumentaire détaillé de notre position; il vous y exposera les gains avérés du projet : de la rationalité économique de la politique du site unique au bilan écologique irréprochable de l’extension, en passant par la valorisation du bâtiment existant, l’entier des arguments y est développé, tout en apportant un démenti cinglant aux allégations des opposants (notamment sous la section consacrée aux contre-vérités). Ce site permet aussi à celles et à ceux qui souhaitent se rallier à notre cause, de souscrire à notre liste de soutien (qui, sans cesse, s’étoffe); chacun peut enfin y apporter son témoignage (et ceux-ci ne cessent d’affluer, nous confortant dans le bien-fondé de notre action). Vous y découvrirez également les plans et les images de synthèse d'un projet dont chacun conviendra qu'il est à la fois neutre et adapté; un projet pour l'avenir de notre cité, autour duquel nous entendons réunir un maximum de suffrages. En effet, après la phase d'officialisation, que nous sommes ravis de célébrer en votre présence aujourd'hui, viendra celle de la mobilisation, diverses actions de proximité (du type débat, et autres distributions de "flyers") seront agendées, auxquelles nous souhaitons associer la population locale. Nous ne serons pas les seuls à occuper le terrain : si notre Comité aspire, modestement, à véhiculer un message émanant de la société civile, d'autres acteurs, politiques et économiques, feront bientôt entendre leurs voix; celle du bon sens dont nous comptons qu'il triomphera au soir du 27 septembre !

Je vous remercie de votre attention.

 

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