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Prix 2007 au Professeur Olivier Fatio

Genève,le 27 septembre 2007, le Conseil de la Fondation pour Genève a décerné son Prix 2007 au Professeur Olivier Fatio, au cours d’une cérémonie empreinte d‘émotion et de grande teneur intellectuelle.


Parole et musique se sont enchaînées sans jamais lasser l’auditoire, heureux de cet art oratoire subtil, distingué et parsemé d’humour, tout à fait en accord avec la personnalité du lauréat.

Le discours d‘éloge a été prononcé par une ancienne élève du lauréat, le professeur Marianne Carbonnier-Burkard, qui enseigne l’histoire du christianisme moderne à la Faculté de théologie protestante de Paris. Le président du Conseil d’Etat, M. Charles Beer et la Conseillère administrative, Mme Sandrine Salerno, se sont associés au président de la Fondation pour Genève, M. Guillaume Pictet afin d'exprimer, chacun à leur tour, leur admiration au professeur Olivier Fatio pour sa remarquable carrière de théologien et d’historien. Ils n'ont, par ailleurs, pas manqué de lui témoigner leur reconnaissance pour sa contribution déterminante à la création du Musée International de la Réforme.

Un Universitaire au service des valeurs et des traditions genevoises

Suivant la trace de ses pères spirituels, que furent Jacques de Senarclens, Gabriel Widmer, Jaques Courvoisier, Pierre Fraenkel, J.N. Bakhuizen Vanden Brink ou encore Alain Dufour et Henry Meylan, Olivier Fatio consacre sa vie à l'étude et à l’enseignement de l’histoire du christianisme.

Débutant, en 1972, comme professeur ordinaire à la Faculté autonome de théologie de l’Université de Genève, il en devient très vite le doyen, poste qu’il assumera périodiquement pendant près de vingt ans, entre autres fonctions.

Auteur, par ailleurs, d’une cinquantaine d’articles et de plusieurs ouvrages, le professeur Olivier Fatio, docteur en théologie, est une référence reconnue pour qui s’intéresse à l‘étude de la théologie, des Réformateurs et de leurs successeurs ou à l’histoire de Genève. C’est avec panache, simplicité et rigueur qu’il se plaît à partager, que ce soit par ses écrits ou ses conférences, ses vastes connaissances avec tout un chacun.

Au-delà de son activité professorale et de ses écrits, Olivier Fatio est aussi l’homme des engagements. C’est ainsi qu’il est appelé à présider maintes sociétés savantes, dont la Société d’histoire et d’archéologiede Genève, la Société pour l’histoire du refuge huguenot en Suisse ou encore la Commission internationale d’histoire ecclésiastique comparée.

L’esprit d’ouverture du bâtisseur : le Musée international de la Réforme

C’est ce même mouvement d’ouverture du passé vers le présent, de l'érudit vers son public qui pousse Olivier Fatio à quitter, en 2002, l’enseignement universitaire pour se consacrer au projet lancé par le pasteur Max Dominicé lors du jubilé calvinien de 1959. Projet qui verra son aboutissement, en 2005, par la création du Musée International de la Réforme. Sa vision : présenter l’histoire de la Réforme, telle qu’elle s’est développée à Genève et à partir de Genève, la rendre accessible et vivante, tant pour le connaisseur passionné que pour le néophyte, quel que soit leur âge, leurs origines ou leurs croyances. Un défi de taille et de longue haleine, certes, mais un défi qu’il ne cesse de relever, avec une remarquable équipe de muséographes, mécènes et autres membres, qu’il a su mobiliser et auxquels il a su transmettre son enthousiasme et sa passion : deux ans à peine après sa création, voilà déjà le musée aux côtés des prestigieux lauréats du Prix du Conseil de l’Europe !

Un hommage par Genève

Comme le souligne régulièrement Mme Micheline Calmy-Rey, aujourd’hui présidente de la Confédération, Genève s’est forgée tout au long de son histoire une grande tradition de dialogue, de partage et d’ouverture. Née de la Réforme, sa tradition humanitaire l’a investie d’une responsabilité particulière.

Nul doute, que par son engagement à rendre plus accessible au plus grand nombre possible, l’histoire de Genève et l’aventure de la Réforme, le professeur Olivier Fatio participe pleinement au rayonnement de l’esprit de Genève. S’il contribue à transmettre au-delà des générations et des frontières la compréhension de nos valeurs et traditions, il permet également à tout un chacun d’oser son propre souffle.

Par la remise de ce Prix, la Fondation pour Genève a souhaité également offrir aux autorités genevoises l’occasion d’exprimer leur reconnaissance à un homme qui a su solliciter des appuis financiers privés et rendre ainsi possible la création du Musée international de la Réforme.

400 personnes se sont rendues à la Salle Centrale de la Madeleine pour rendre un vibrant hommage à leur ami Olivier et sa partenaire et épouse Nicole Fatio. Un lieu qui n'a pas été choisi au hasard, cette salle ayant été créée en 1905, sous l‘égide d’Ernest Hentsch, afin de répondre au besoin de salles supplémentaires pour y tenir des assemblées et autres réunions consacrées au protestantisme !