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Prix 2000 à Monique et Jean-Paul Barbier-Mueller

Pas question de franchir le nouveau millénaire sans exprimer la reconnaissance de Genève à ces deux mécènes et collectionneurs mondialement connus que sont Monique et Jean Paul Barbier-Mueller. Elle est soleuroise, lui est genevois. Ils font partager depuis plus d'un quart de siècle au plus grand nombre, leur passion commune pour l'art africain, océanien, indonésien, précolombien, antique et contemporain.


Un nom, Barbier-Mueller. On associe immédiatement ces Genevois passionnés d'arts - dits primitifs ou premiers - au discret musée de la rue Calvin en Vieille Ville ou depuis peu au Museo Barbier-Mueller d’Arte Precolombino à Barcelone (son annexe, comme ose l'appeler Alain Vaissade avec une pointe de regret dans la voix). Une collection qui compte plus de 6'000 sculptures, masques, textiles, objets de prestige ou d'ornement corporel et qui enrichit régulièrement de ses oeuvres de nombreuses expositions qui se tiennent à Paris ou ailleurs.  Les Barbier-Mueller ont également rassemblé une importante collection d'ouvrages de poésie italienne de la Renaissance dont ils ont généreusement fait don à l'Université de Genève en 1998. Ils complètèrent ainsi les collections de peinture contemporaine - déjà célèbres il y a cinquante ans - de Josef Mueller.

Incontestablement, Monique et Jean-Paul Barbier-Mueller, à travers leur immense connaissance de ces mondes si divers et par les innombrables contacts et amitiés qu’ils ont noués, ont porté le nom de Genève tout autour de la planète, dans les cercles les plus variés.

Il était donc temps de rendre hommage à ce couple dont la passion pour l'art a contribué à mettre Genève sur la carte du monde culturel. Que ce soit par le biais de Guy-Olivier Segond, président du Conseil d'Etat, d'Alain Vaissade, les autorités genevoises ont exprimé avec panache leur reconnaissance à Monique et Jean-Paul Barbier-Mueller. De même, Cäsar Menz, directeur du Musée d’art et d’histoire, a rendu un vibrant éloge aux deux lauréats du Prix de la Fondation, en relevant en particulier la fructueuse collaboration entre le Musée Barbier-Mueller et celui d’Art et d’Histoire. Une collaboration dont les quelques 300 invités eurent l'occasion de goûter le fruit. La cérémonie de remise du Prix avait lieu dans la cour du Musée d'art et d'histoire et était suivie d'une visite commentée par Jean-Paul Barbier-Mueller et Cäsar Menz de l'exposition intitulée "la Création du Monde - Fernand Léger et l'art africain des collections Barbier-Mueller".

Orchestrée par Ivan Pictet et Françoise Demole, animée avec grâce par une compagnie de danseurs, cette soirée du 6 novembre fut aussi élégante et féérique que les mots de conclusion adressés depuis le Togo par Monique Barbier-Mueller: « S’ouvrir aux multiples aspects de la création humaine permet à chacun d’accéder à ces hautes sphères de l’aventure spirituelle auxquelles nous aspirons inconsciemment ».